Le feu ouvert
Devant ce feu ouvert, là tous les deux,
Assis l’un contre l’autre, sur ce canapé vert ;
Baigné de cette chaleur, d’un foyer heureux,
Récitant les vers, d’un beau poème de Prévert.
Ta main effleure mon visage, tu me regardes,
Deux yeux bleus brillent, ce sont tes étoiles ;
Tu me caresses le front, sans y prendre garde,
Tu y déposes un baiser, comme sur un voile.
Nos corps enlacés, brillent à la douce lueur du feu,
Dehors, la neige tombe et recouvre tout de blanc ;
La tempête se lève et salue, les tendres amoureux,
Foyer d’amour, qui nous abrite de la rigueur du temps.
Tes yeux sont fermés sur le présent, ton visage sourit,
Caresses sur tes lèvres, encore chaude de mes baisers ;
Très belle, tu reposes ; sur ton front, il n’y a pas un pli,
Peau de velours, regard tendre, tu es ma grande fierté.
La grille claque, tu me pinces le bras, ne t’inquiète pas,
La bûche se consume dans l’âtre, le feu fait une pose ;
Traversée d’un frisson, par les caresses, l’amour est là,
Les flocons contre la vitre, chantent leur belle prose.
Tes lèvres s’entrouvrent, tu fredonnes notre concerto,
Aranjuez mon amour, comme un cantique aux dieux ;
L’amour seul commande, dirigé par le grand Rodrigo,
Nos esprits s’égarent, nous ne sommes plus sérieux.
L’heure compte, pour ceux qui sans amour, s’ennuient,
Quand on s’aime, le temps est suspendu, il se vit fort ;
Chaque seconde, est mesurée comme l’est toute la vie,
Sans oublier, que la vie, la vraie, s’est s’aimer d’abord.
©Roman
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